Wednesday, August 7, 2024

Une histoire d’un livret avec ses pages déjà jaunies

 






Quel peut donc être le sens de ces préférences générales pour la vie à la campagne ou à la ville, pour la vie d’action et la vie de plaisir, pour la retraite ou pour la société, sachant qu’outre la différence  d’inclination entre les hommes, l’expérience personnelle de chacun peut le convaincre que ces genres de vie ont, chacun leur tour, leur agrément, et que c’est leur variété ou leur judicieux  mélange qui contribue plus que tout à les rendre également agréables ?

Le Sceptique, Hume


Je feuilletais il y a peu un livret avec « ses pages déjà jaunies » quand quelques mémoires se sont devenues vivantes. Je voudrais les partager avec vous.

C’était lui aussi un étudiant universitaire qui venait d’entrer à la faculté de philosophie, presque à la fin de la première décennie des années 2000, dans une université de São Paulo. Avec un répertoire philosophique précaire, l’unique livre de philosophie qui avait été lu, un peu avant de commencer les études, c’était La République de Platon. Trouvé dans une librairie du « ABC paulista » – un ensemble de villes situées dans la région métropolitaine de São Paulo –, le livre avait la première de couverture blanche, le titre en rouge bordeau et une figure en gris décoloré qui représentait la façade du Parthénon. Un commentaire succinct en pied de page avait stimulé la curiosité : une œuvre fondamentale dans la trajectoire de la pensée philosophique. Donc, dans cette librairie encore, le livre a été pris en main, quelques-unes de ses pages ont été feuilletées et il y a eu la décision de l’acheter. Ensuite, avec enthousiasme, le livre a été amené chez moi et l’impatience de commencer la lecture était évidente. Quelques jours plus tard, la lecture était complètement finie. Et c'était par là que la trajectoire a commencé, et ce livre est chez moi jusqu'à aujourd'hui.

La journée a commencé par là, pourtant ce ne sera pas par là que mes pas avanceront. Oui, je suis arrivé à cette conclusion, déjà à la faculté, après la lecture des premiers textes philosophiques et après avoir regardé quelques cours. L’un de mes professeurs qui dispensait une bonne partie des cours sur Platon et en philosophie ancienne, professeur Paulo Henrique, était une personne incroyable et extrêmement généreuse. Ses cours ont été si importants qu’il était possible de construire une notion et de mieux comprendre quelques aspects du Platonisme. Cependant, dès la première année de ma formation, j’ai adopté une posture si prudente par rapport à la réception des idées des philosophes avec lesquels cet étudiant, dans ce cas moi, aurait un contact. Selon mon évaluation, il serait nécessaire d’avoir plus de temps d’études et d’approfondissement dans les doctrines tout au long de l’histoire de la philosophie pour qu’une position philosophique puisse être établie. Alors, j’ai conclu que je ne serais pas platonique.

Avec l’avancement des cours, beaucoup de débats et d’échange d’idées parmi les collègues, j’ai au fur et à mesure découvert que mon répertoire philosophique, jusqu'alors précaire, était une vertu. Mais, qu’est-ce que cela veut dire ? Je ne suis pas arrivé à l’université muni de lectures, et dans ce sens, j’ai pu construire petit à petit mes propres notions conformément à l’absorption des cours de professeurs et professeures beaucoup plus expérimentés, qui ont consacré – et consacrent encore – plusieurs années de vie aux études de la pensée. C’est-à-dire que je ne suis pas arrivé à la faculté avec une notion préconçue sur ce que serait la philosophie – d’ailleurs, on découvrira tout au long des cours que la question « Qu’est-ce que la philosophie ? » est considérée par quelques penseurs et penseuses comme l’une des questions philosophiquement les plus déconcertantes. Plusieurs fois, l’interprétation d’un texte philosophique peut être équivoque. Par ailleurs, elle peut émerger en tant que le résultat des conceptions traditionnelles dénuées de fondement. Je ne suis pas arrivé à l’université muni de ces lectures, pourtant j’ai souvent eu une disponibilité intellectuelle, si je peux ainsi dire, considérée très bénéfique à l’exercice de la pensée. J’ai toujours nourri beaucoup de curiosité face à l’inconnu. Ainsi, commencer à suivre le parcours des chemins philosophiques au moyen de l’orientation des professeurs et professeures spécialistes s’est révélé formidables.

J’ai toujours eu la pensée vivante depuis mon adolescence. À l’université, découvrir ce que les autres philosophes pensaient sur les sujets les plus variés était une manière de comprendre peu à peu l’humanité qui habitait chez moi. Ainsi, je découvrais que mes inquiétudes étaient le fruit de réflexion, et dans ce sens, elles faisaient partie du cours de ma maturation. Dans un certain moment, j’ai eu l’impression qu’un avancement significatif pourrait être fait à partir du moment où j’ai établi un contact avec les textes du professeur Porchat dans son Rumo ao Ceticismo, à travers les cours du professeur Piva, qui sera mon directeur de recherches, une figure dont la générosité était exceptionnelle. Donc, j’ai décidé de changer le cours de mes investigations et la direction de ma réflexion pour mieux comprendre la proposition de « l’école » sceptique. Deux aspects ont suscité mon intérêt pour mieux la comprendre : Le premier aspect consistait en la prudence par rapport aux études des doctrines philosophiques les plus diverses, c’est-à-dire avec l’établissement de la tradition philosophique occidentale et la figure de Thalès, les lignes de pensées les plus variées et des écoles philosophiques ont été développées tout au long de l’histoire de la philosophie. Dans ce sens, avec toutes ces écoles, on a eu l’émergence de ce que le professeur Porchat a compris être « o conflito das filosofias » ; le second aspect consistait en une proposition très intéressante par rapport au scepticisme. Le sceptique, face aux doctrines dogmatiques formulées par les écoles philosophiques les plus différentes, toujours en conflit constant les unes avec les autres, et avec une force persuasive également convaincante, suspend le jugement, et ensuite arrive à la tranquillité. Tous ces enseignements, jusqu’alors inédits dans ma vie, ont été le fruit des études consacrées tout au long des cours et de la participation au groupe d’études sur le scepticisme, celui-ci sous la direction du professeur Piva. Toutefois, comprendre philosophiquement que le scepticisme n’est pas une doctrine, mais une habilité prend du temps – et avec moi, cela ne sera pas différent. Pourtant, sa caractéristique la plus marquante consiste en son trait persuasif. Sans parler de son caractère aporétique et zététique.

Comme je l’ai dit dans d’autres publications, découvrir l’altruisme philosophique du médecin et philosophe Sextus Empiricus, après avoir lu les Esquisses Pyrrhoniennes, a été l’un des événements les plus marquants dans ma trajectoire universitaire. Les textes de Sextus Empiricus ont été légués à l’histoire de la philosophie en tant qu’un des principaux travaux sur le scepticisme dans l’antiquité. Il y a différentes manifestations de la pensée sceptique, et le travail de Sextus Empiricus est le fruit de la compréhension du Scepticisme Pyrrhonien dont le fondateur était Pyrrhus d'Elis (365-275 av. J.-C.). Ultérieurement, savoir que dans l’Académie de Platon il y a eu la manifestation du Scepticisme Académique représentait un élément très important indiquant que mon chemin était orienté vers le nord.

Dans l'après-midi d’un samedi, si je me souviens bien, le jour était un peu gris, donc j’ai décidé de chercher quelques livres chez un bouquiniste de la région du « ABC paulista ». J’avais besoin de faire quelques devoirs de l’université, donc, c’était là que je pourrais les trouver. Il y avait la bibliothèque de l’université où les livres pouvaient être trouvés, sans doute, toutefois je voulais les acheter pour les avoir en ma possession dans la mesure du possible. Le professeur Piva avait déjà formulé des commentaires sur un livret qui s’appelait O que é Ceticismo, par Plínio Smith. Quand je suis arrivé chez le bouquiniste, j’ai commencé à parcourir les étagères. Il y avait beaucoup de livres. C’était formidable ! Quand je suis allé au rayon de philosophie, je n'ai pas trouvé les livres que je cherchais, cependant j'ai trouvé un petit livret dont « les pages étaient déjà jaunies ». J’imagine que le lecteur et la lectrice doivent déjà savoir de quoi on parle. Oui ! O que é Ceticismo. J’ai tout de suite pris le livret et je commençais à le lire à mon arrivée chez moi.

Après avoir parcouru quelques-unes de ses pages, j’arrive au chapitre « O ceticismo mitigado de David Hume ». On a eu l’occasion d’étudier la pensée de Hume la troisième année de la faculté. À ce moment-là, quand on lisait Le Traité de la Nature Humaine, j’avais déjà absorbé les cours en étant guidé pour l’interprétation du scepticisme mitigé de Plínio Smith dans son O que é Ceticismo – Hume avait 27 ans quand il a fini le Traité, son premier livre, dont la composition consiste en trois volumes : Le premier livre (De l'entendement) et le second livre (Des passions) ont été publiés en 1739 ; d’un autre côté, le troisième livre (De la morale) avec « l’Appendice » ont été publiés en 1740. Je dois faire un commentaire, dans cette circonstance, on a eu très peu de temps pour s’approfondir dans la philosophie de Hume, et à ce moment-là, au moins pour moi, sa pensée s’est présentée comme l’une des plus déconcertantes et philosophiquement riches. L’origine des idées, le fondement des inférences causales, le fondement de la morale, tous ces éléments philosophiques étaient tellement féconds et originaux ! Tout cela devait être compris en détail. J’ai voulu approfondir les études de la philosophie de Hume, une fois qu’on a eu un panorama introductif. Tous les doutes, questions et inquiétudes ont commencé à fermenter et j’avais besoin d’autres réponses. Je suis devenu très curieux de découvrir d’autres aspects de la pensée de Hume.

J’avais décidé non seulement d’approfondir les recherches dans le cadre d’un programme de master et de continuer à approfondir les études sur « l’école » sceptique, mais aussi de développer un travail de recherche sur le scepticisme mitigé de Hume. Eh bien, j’ai réussi la sélection et je suis entré aux études du troisième cycle, en philosophie, dans une université de Guarulhos. Mais cela n'est pas tout. J’avais décidé de construire une carrière académique. Je suis très reconnaissant au professeur Plínio pour la période consacrée à ma direction, et surtout, pour l’opportunité d’avoir connu son interprétation sur le scepticisme mitigé de David Hume dans son livret – très court, dont le contenu est non moins fécond. Son livre, O Ceticismo de Hume, mérite d’être lu plusieurs fois – à chaque lecture, une nouvelle découverte. Malheureusement, j’ai vécu une période très difficile tout au long du master et j’avais besoin d’interrompre les études pour m’occuper de ma santé qui était très mauvaise à l’époque. Toute cette situation a compromis l’avancement des recherches, ainsi que l’avancement des travaux. Ma capacité de penser, de chercher et d’écrire était très affaiblie dans ces circonstances. Aujourd’hui, je suis pleinement récupéré, sain et mes capacités d’écriture sont rétablies.

Cette recherche n’a pas été concluante et je n’ai pas pu concrétiser ma carrière académique. Toutefois, je maintiens dans la mémoire avec joie les bons moments vécus, comme la pause café à la cantine, les cours pendant les études du troisième cycle, le moment dans lequel j’ai eu l’opportunité de dispenser des cours. C’était incroyable. Je maintiens également avec beaucoup d'affection dans le tiroir de mon bureau les deux pinceaux que j'utilisais quand je dispensais des cours. D’un autre côté, grâce au travail développé à l’époque de la faculté, à la publication de notre traduction de l’article de Richard Popkin dans la revue Sképsis et au master, même partiellement achevé, aujourd’hui, au-delà d’être philosophe, je suis aussi traducteur. Et je suis également traducteur grâce aux études des langues que je cultive tout au long de ma vie, parmi lesquelles le français, dont l’intérêt pour les études a été le fruit de l’influence directe du travail de direction qui a été initié à la faculté et développé dans le master. Je le consolide chaque jour de ma carrière. Il est aussi incroyable d’avoir l’opportunité de travailler avec les personnes de différents lieux autour du monde. La pensée philosophique de Hume est vivante chez moi, et aujourd’hui, si je peux ainsi dire, mon répertoire philosophique est un peu plus varié, mais néanmoins, si on prend en considération toute la tradition occidentale, il est encore tellement restreint, par conséquent, j’ai l’intention de continuer les études, au-delà de la pensée de Hume et de la pensée sceptique, de d’autres penseurs et penseuses. J’ai aussi l’intérêt pour les études en philosophie française, surtout la pensée de la période du Siècle des Lumières. Avoir quelques années de lecture à venir, qui sait, est un peu réconfortant.

Je suis reconnaissant de l’opportunité d’avoir croisé sur mon chemin, chez le bouquiniste,  ce livret avec « ses pages déjà jaunies ».

 

 

Sur la peinture :

Vincent van Gogh (1853 – 1890)

Champ de fleurs près d’Arles

Arles, mai 1888

Huile sur toile

Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)


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Wednesday, May 15, 2024

A Story of a Booklet Whose Pages Are Already Yellowed

 






What is the meaning therefore of those general preferences of the town or country life, of a life of action or one of pleasure, of retirement or society; when besides the different inclinations of different men, every one’s experience may convince him, that each of these kinds of life is agreeable in its turn, and that their variety or their judicious mixture chiefly contributes to the rendering all of them agreeable.

The Sceptic, David Hume

 

 

I was skimming a booklet "whose pages are already yellowed" when some memories became lively. I am about to share them with you.

That university student had been accepted to start the graduation in philosophy at a college in São Paulo almost at the end of the 2000’s. With a precarious philosophical repertoire, the single philosophy book that had been read was Plato’s Republic, just before the studies began. Found in a bookstore in "ABC paulista" – a cluster of cities in the metropolitan surroundings of São Paulo –, the book had a white cover, a title in wine red, and a picture in faded gray that represented the Parthenon’s façade. After having found it, the book was put in the hands, some of its pages were skimmed, and then it was decided it should be bought. Afterwards, there was excitement, the book was taken home, and its reading could not wait to be started as soon as possible. So, the journey started like that, and this book has been here until today.

That was where the journey began, but that would not be where my steps would advance. I came to this conclusion after reading the first philosophical texts and after watching some classes when I was already at the university. Professor Paulo Henrique, who taught a great part of the classes in Plato and Ancient Philosophy, was an extremely generous person. His classes were important so that it was possible to build up the notions and better comprehend certain aspects of Platonism. However, I adopted a prudent posture regarding the reception of the philosopher’s ideas with which that student, in this case me, would have contact since the first year of graduation. According to my evaluation, it would be necessary to have more time to study and delve deeper into the doctrines throughout the history of philosophy before being able to establish a philosophical position. Therefore, I concluded that I would not be Platonic.

I would end up discovering that my precarious philosophical repertoire would be a virtue when the studies advanced in the classes, in the debates, and during the exchanging of ideas with colleagues. But what do you mean? I did not come to the university with those philosophical readings, so I could gradually build up my notions while I absorbed the teachings from professors much more experienced who dedicated – and still dedicate – many years of their lives to the study of thought. That is, I did not join the university with a preconceived notion of what philosophy would be – besides, we would discover in the classes that the question "What is Philosophy?" is considered by some thinkers to be one of the most philosophically disconcerting questions. It is common to misinterpret a philosophical text. Moreover, an interpretation may come from wrongly founded traditional misconceptions. I did not go to the university with these readings, but I always had an intellectual disposition that I considered a good ingredient for the thought exercise. I always nourished curiosity before the unknown. Thus, being able to move along the philosophical paths under the direction of expert professors turned out to be formidable.

I have always had a restless mind since I was an adolescent. After joining the university, the opportunity to discover what other philosophers thought on the most different topics was a way to comprehend the humanity within myself gradually. Thus, I was discovering that restlessness was the fruit of reflection, and in this sense, it was part of the course of maturing. At a certain moment, during graduation, I had the impression that a meaningful advancement could be made when I established contact with Professor Porchat’s texts in his Rumo ao Ceticismo through the classes of Professor Piva, who would become my graduation mentor, a person of unique generosity. Then, I decided to change the course of my investigations to better comprehend the proposal of the skeptical "school". Two aspects were important to make me feel interested in it: The first aspect consisted of prudence regarding the studies of the different philosophical doctrines, that is, as the Western tradition was established by Tales, the most diversified thought lines and philosophical schools were developed throughout the history of philosophy. In this sense, with the emergence of all the philosophical schools, it also emerged in the same measure as what Prof. Porchat comprehended to be "o conflito das filosofias"; the second aspect consisted of a very interesting skeptical proposal. The skeptic, before the dogmatic doctrines formulated by the most diversified philosophical schools, which are always in conflict with one another and with equal persuasive force, suspends the judgment and then reaches tranquility. All these teachings, which up to that moment were original in my life, were the fruit of the studies dedicated throughout the classes and from the participation in the group of studies in skepticism also under the orientation of Professor Piva. However, comprehending that skepticism is not a doctrine but an ability takes time – and it would not be different for me. Not to mention its aporetic and zetetic features.

As I have previously said in other posts, discovering the philosophical altruism of the doctor and philosopher Sextus Empiricus after reading his Outlines of Scepticism was one of the most remarkable events in my university journey. Sextus Empiricus’ texts were bequeathed to the history of philosophy as one of the main works on skepticism in ancient times. The skeptical thought has different manifestations, and Sextus Empiricus’ works are the fruit of the comprehension of the Pyrrhonian Skepticism, whose founder was Pyrrho of Elis (365–275 a.C.). Then, knowing that there was the manifestation of Academic Skepticism at Plato’s Academy was an important element that indicated my path was directed to the north.

On a Saturday afternoon, if I still remember well, the day was a bit gray, so I decided to find some books in a second-hand bookshop from "ABC paulista". I needed to prepare some university homework, and then there could be a good place to find them. There was the university library, of course, but I wanted to buy those books just to have them available as often as I could. Professor Piva had already made some comments about a booklet entitled O que é Ceticismo by Plínio Smith. When I arrived there, I started going through the shelves. There were so many books, and that was great! So, when I got to the philosophy section, I did not find what I was looking for, but I ended up finding a booklet "whose pages were already yellowed". I imagine the reader already knows what we are talking about. Yes! O que é Ceticismo. So, I took the book immediately, and then I would start reading it when I got home.

After going through some pages, I got to the chapter "O ceticismo mitigado de David Hume". We had the opportunity to study Hume’s thought when we were in our third year of graduation. At that moment, when we were reading A Treatise of Human Nature, I had already absorbed those classes being guided by Plínio Smith’s interpretation of the mitigated skepticism in his O que é ceticismo – Hume was 27 years old when he finished his Treatise, his first book, composed in three volumes: The book 1 (Of the Understanding) and the book 2 (Of the Passions) were published in 1739; the book 3 (Of Morals) along with the Appendix were published in 1740. I must tell you that, in those circumstances, we had too little time to delve deeper into Hume’s philosophy, and at that moment, at least for me, his thought was shown to be one of the most disconcerting and philosophically rich. The origin of ideas, the foundation of causal inferences, and the foundation of morals, all those philosophical elements were fruitful and original! Everything must be comprehended in detail. I wanted to delve deeper into the studies of Hume’s philosophy as, in those circumstances, we had just an introductory overview. Those questions, restlessness, and everything else started fermenting, and they needed other answers. I got curious to discover other aspects of Hume’s thought.

I decided that I should direct my investigations into a Master’s degree to delve my studies into the comprehension of the skeptic "school" and develop a research work on Hume’s mitigated skepticism. Well, I was approved for the post-graduation program in philosophy at a university in Guarulhos. But it was not only that. I had decided to build up an academic career. I am very thankful to Professor Plínio for the orientation period in which we worked together and, above all, for the opportunity to have known his interpretation of Hume’s mitigated skepticism in his booklet – with just a few pages, but not least important in terms of content. His book, O Ceticismo de Hume, deserves to be read many times – at each reading, a discovery. Unfortunately, I went through a hard moment throughout the post-graduation period, and I needed to interrupt my studies to take care of my health, which was very fragile. That situation compromised the research progress as well as the work in general. My thinking, researching, and writing capabilities were compromised in those circumstances. Today, I am fully recovered and healthy, and my writing capabilities have returned.

That research was not concluded, and it was not possible to put my academic career into practice. However, I joyfully remember many good moments that I lived, such as the pauses for a coffee at the canteen, the post-graduation classes, and the internship days at graduation, when I had the opportunity to teach. It was incredible. I also keep affectionately here on my desk the two brushes I used when I was teaching. On the other hand, thanks to the work developed at graduation, the publication of our translation of Richard Popkin’s article at Sképsis, and the partially completed Master’s degree, today, in addition to being a philosopher, I am a translator. I am also a translator thanks to the studies of the languages I started cultivating throughout my life, among which the French, whose study interest was the fruit of the direct influence coming from the activities that had been started at graduation and whose continuity we had the opportunity to develop at post-graduation. I have been consolidating my career each day. It is also incredible to work with people from different places all around the world. Hume’s philosophical thought is alive in me, and today, my philosophical repertoire is a little bit more diversified, but, if we consider the Western tradition, it is extremely restricted, thus, I intend to keep on studying, besides Hume and skeptical thought themselves, other thinkers. I am also interested in the studies of French philosophy, especially the thought from the Siècle des Lumières. Having some reading years ahead, who knows, is comforting.

I am thankful for the opportunity of that booklet "whose pages are already yellowed" having crossed my path in a second-hand bookshop. 

 

About the painting:

Vincent van Gogh (1853 – 1890)

Field with Irises near Arles

Arles, May 1888

oil on canvas

Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)


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